11 décembre 2006

Anarchy in Beijing

Il n'y a guère que dans les cages d'escalier que l'on peut percevoir des signes de pensée ou simplement de conscience politique. Qu'elle soit dissidente ou pas. Dehors, ça vit en grouillant, mais l'espace public n'est pas sectorisé par des partis ou des associations. Je ne sais pas si sur le fond c'est un bien ou un mal. Ce qui est sûr c'est que je comprends la fascination mêlée d'envie de nos gouvernants pour ce merveilleux pays où ça bosse dur et où ça ne moufte pas.
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08 décembre 2006

Objets trouvés

« ... trop méticuleux sont ces gens. Toujours à l'affut. ne perdent jamais rien ; ce n'est pas chez eux que l'industrie des parapluies ou des gants peut être florissante. Pour tout vous dire, le bureau des objets trouvés se résume à un coin de cour, sous un auvent. Les objets sont soigneusement emballés, prets à être envoyés à des organisations de bienfaisance car dans la majorité des cas, s'ils ont été perdus, c'est volontairement et personne ne viendra les réclamer. »
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05 décembre 2006

Balance subtile

Après leur décès, on pesait les coeurs des cadavres avec ce qui s'appelait une balance subtile. Pour déterminer les Justes. Ceux qui méritaient d'être ensevelis plutôt que d'être incinérés à tout va. Ceux qu'on essaierait de montrer comme exemples.Leurs coeurs étaient soigneusement remis dans la cage thoracique, laquelle était refermée et recousue par des vieilles femmes à la méticulosité sans égale. Les coeurs des bouffeurs d'air étaient, eux, mis dans de grands sacs qu'on balançait dans les brasiers en même temps que les corps.
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01 décembre 2006

Le mur bleu

Si l'on suit le mur bleu, on arrive enfin à l'endroit qui correspond à son destin ou plutôt l'endroit le plus représentatif ou marquant de son destin. Le mur bleu constitue à lui seul un chemin immanquable ; on a toutefois rajouté des panneaux, bleus aussi, mais d'un autre ton, pour que personne ne puisse prétendre s'être perdu on même ne pas avoir trouvé. Mais certains - et c'est le plus fréquent - rebroussent chemin avec de surprenantes excuses plein la bouche.
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29 novembre 2006

Le golem

Le golem en hiver se couvre bien, Maman golem, l'ayant sermonné, et s'habille de couleurs vives. Ce n'est pas sa saison, les gens l'ont plutôt en sympathie, à la bonne, lui paient même des grogs et jusqu'à ses yeux d'argile qui n'arrivent pas à effrayer le quidam ...
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23 novembre 2006

Le planteur d'ombres

L'homme qui laisse ses ombres comme des flaques de boue sur la chaussée a le bon goût de les colorer, en ingérant chaque matin un pigment différent, composés metalliques plutôt dangereux, qui pourraient l'inciter à restreindre cette léthale boulimie. Mais il est animé d'une sorte de sens du devoir et du sentiment très net de l'ennui qui se saisirait de lui si d'aventure il laissait la routine s'installer. Et quand je dis se saisirait de lui, ce n'est pas une formule de style ; l'ennui lui sauterait à la gorge et tenterait de... [Lire la suite]
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21 novembre 2006

Les choses-vieillardes

J'ai déjà dit et redit la tendresse que j'éprouve pour les objets, surtout lorsqu'ils sont blessés, mutilés, oubliés, à l'abandon. Leur tristesse semble palpable, leur modestie les honore. Il y a paradoxalement plus d'humanité dans une vielle boite de conserve aux couleurs délavées par le soleil que dans maints discours mensongers et appris ou même que chez tant de personnes qui ont laissé la dite humanité au vestiaire, paradant alors avec le nécessaire de  survie en milieu  urbain.  Plus encore que les animaux, les... [Lire la suite]
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17 novembre 2006

Vision plate

J'ai un problème. Mauvaise appréciation des constrastes. Au crépuscule, entre chien et loup, je n'y vois rien. J'évite d'ailleurs de conduire durant cette période. je me meux alors dans de grands aplats grisâtres d'où rien de saillant ne semble émerger. Dans ce monde, dans mon monde, du gris palichon au gris cuivré, j'attends que les pouvoirs publics mettent en place les panneaux signalétiques tout-temps, ce qui m'évitera par exemple de me prendre du 30000 volts ou de passer sous un train, tout ça par erreur et incapacité à y... [Lire la suite]
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14 novembre 2006

Kill them all !

Les pigeons, c'est comme les flics. C'est moche et ça s'habille en bleu. Encore que les flics aient une véritable utilité et fonction pubique. Et ils ne chient pas sur les bâtiments historiques, les flics. C'est une engeance les pigeons. Vulgaire et difforme est le pigeon ; on ne l'imagine pas sauver un alpiniste pris dans une avalanche ou endormir un bébé par son ronronnement. Le sublime lui va comme un pyjama rose à un lapin ; imagine-t-on un pigeon mourir d'amour, inspirer les poetes souffreteux et ce n'est pas pour rien que... [Lire la suite]
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11 novembre 2006

Les sales bêtes

Les sales bêtes à fourrure ont pour elles d'inspirer un vague sentiment de peluche quand bien même elles bouffent tout dans la maison et creusent des tranchées dans le jardin. Aussi hésite-t'on à prendre le fusil pour leur coller du plomb bien chaud dans le corps, et à exposer leur tête au dessus de la table du salon, comme une vulgaire gueule de cerf. Les enfants pleureraient, refuseraient de manger et même la maitresse de maison sentirait des regrets lui remonter à la gorge, venus de ses jeunes années.
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