eldorado

On y arrivera un jour

04 avril 2007

Tenir le rythme

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Quand son corps s'effondre sous le mien, me viennent de singulières visions de départs, d'accélérations subites, de silhouettes entraperçues dans la vitesse, et il ne me faut surtout pas régler les mouvements de mon bassin sur cette envie de moteurs poussés à leur limite.

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26 mars 2007

Nu renverse

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Le tout est de trouver les mots qui me permettront d'appuyer sur le déclencheur. Les mots qui convainquent, qui rassurent ... Les mots qui contreront les je suis trop ci ou pas assez ça, je n'ose pas, je ne m'aime pas, mon corps n'est pas ... Coquetterie ou réelle angoisse, le tout est de trouver ces mots-là ...

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08 mars 2007

La femme qui bosse

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Elle fait semblant de s'interesser à son tableur Excel, voire de le remplir, essayant de ne pas se laisser déconcentrer par le bruyant cliquetis de l'obturateur et par mon envahissante présence qui la fait se décaler un poil plus à gauche ou plus à droite pour, selon mes dires, améliorer le cadrage. Elle s'attend évidemment, ne sachant si elle doit s'en réjouir ou pas, que j'arrête mon cinéma de Grand Photographe, me place derrière elle et lui prenne les seins dans un brusque silence.
Elle s'en réjouit en fait, je le sais, à l'usage ...

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02 mars 2007

La femme qui dort

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La femme qui dort laisse voir ses hanches sortir de la couette. Ce n'est pas un hasard ; c'est moi qui ai profité de son sommeil pour qu'il en soit ainsi. Mais la traitresse porte un jean des plus moulants, jean que je ne pourrais lui enlever sans qu'elle émerge, alors que je comptais la réveiller en fourrant très doucement ma tête près de son pubis et en laissant s'épanouir souffles chauds et réguliers puis langue timide.

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15 février 2007

L'homme qui dort

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L'homme qui dort ne pourra être réveillé. A moins qu'une charmante princesse n'arrive et ne se glisse dans le lit pour réchauffer ses petits petons glacés. Arrachant un cri au dormeur arraché à sa torpeur. Lequel dormeur ne vouera pas une gratitude éternelle à la princesse. Il se peut même qu'il l'envoie chier avec pertes et fracas. En tout cas, ils n'auront pas beaucoup d'enfants.

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03 février 2007

5 culs

filles

Lorsqu'on se décide à appliquer un focus à son regard, on distingue ce qui est important, ce qui mérite en fait d'être regarder. De mauvaises langues pourraient dire que, en l'occurence, ce qui est important, est constitué en fait de 5 culs. Mauvaises langues ... Mais d'un autre côté, 5 culs en mouvement ne seraient-ils pas de temps en temps ce qu'il y a de plus important au monde ?

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02 novembre 2006

Cuisses underground

cuisse

Dans le métro. Une cuisse qui apparaît. Fin de cuisse sur genou. Pas de quoi crier au miracle. Alors continuer à tirer la gueule et à fixer le sol, parce que le métro est comme un purgatoire, un endroit morne d'où tout plaisir et toute rêverie doit être exclu. Alors qu'il suffirait de glisser une main pour sentir la finesse du grain de peau, de ramener ses doigts aux narines pour se délecter de la fine odeur, légères échappées de musc depuis le triangle brouillon. Et puis, allez, on y passerait la langue sur ce velouté de chair, on écarterait les pans de la jupe pour que toute cette masse de saveur soit à disposition, on tisserait une dentelle de salive légère, jusqu'en haut, oui, jusqu'à ce que ces sécrétions labiales détrempent la culotte et permettent aux fines verticales de se dessiner ...
Il suffirait, disais-je ...
Il suffirait ...
Oui, il suffirait, sans même regarder le visage de cette femme, pas la peine, et l'on partirait du wagon, une fois la destination atteinte, en courant, sans se retourner, le menton et le cou quasi-ruisselant, de ses saveurs, de ses parfums ...
Il suffirait ...
On ne peut pas, c'est tout.
C'est le métro ...

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24 octobre 2006

Interruption que c'est pas ma faute

torse

Oui, je sais, ça fait longtemps que je n'ai pas posté.
Mais la carte SD de mon appareil photo est partie en sucette. Partie au paradis des SD-Roms.
Je viens d'en racheter une.
Alors patience ...
Ca va repartir ...

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02 septembre 2006

Jambes dans le rouge

jambes

La femme qui partait vers le fond, je l'avais remarquée dès le début. Mais pas de face. Juste ses jambes. Et de derrière, encore. Deux éclairs de chair, fins léopards au sortir du trench-coat. Oui, c'est cela, deux félins souples, calmes, sûrs d'eux, mais toutefois aux aguets, faisant jouer leur musculature avec indolence.

Je ne sais plus bien comment j'ai tenté de masquer mon mouvement descendant avec l'appareil au bout du bras. Un peu inquiet et vaguement honteux. Mais je n'ai pas été repéré ; les autres badauds devaient regarder les trucs accrochés aux murs ...

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30 août 2006

Le Père du Petit Père des Peuples

lenine

Te souviens-tu, Nacha ?
Te souviens-tu, si nous avions existé bien sûr.
Nous nous serions rencontré devant le mausolée.
Oui, disons que ç'aurait été le cas.
Il y aurait eu le traditionnel défilé militaire. Dans les années 30, a peu près.
Nous aurions été côte à côte dans la foule à regarder les chars d'assaut avec leur bruit de crustacés blindés.
Et tu m'aurais remarqué, malgré ma peu engageante figure. Tu aurais tourné la tête vers moi et tu m'aurais pris la main. Comme ça, tout de suite. J'aurais incliné mon visage et je t'aurais embrassé. Oui, oui, direct, au bout de 20 secondes. Je sais que ça n'arrive que dans les livres. Et encore. Mais ç'aurait été comme ça, et pas autrement. Quel intêret à nous inventer, Nacha, si nous devions être banals à pleurer ?

Evidemment, tous les gens à l'échine courbée nous auraient vus et enviés. Tous ces gens, jaloux, bien sûr, mais en même temps ravis d'échapper au climat délétère de la Grande Terreur et de saisir au vol quelques éclats de soleil tombés au sol. Quelques miliciens nous auraient dévisagés, maussades. Cela va de soi.

Nous aurions été tellement beaux, Nacha. Et puis nos langues se seraient touchées.

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