eldorado

On y arrivera un jour

22 janvier 2007

Le gris et les couleurs

maison

Un jour, j'irai dans le Sud, là où le soleil ne plaisante pas. Je m'y brulerai volontairement l'iris, face à l'astre durant de longues minutes. Jusqu'à ce que ma cornée soit assez tannée pour que je sois ainsi admis dans le clan de ceux du soleil. Et je pourrai revenir alors dans les pays de pluie. La grisaille périurbaine disparaitra alors dans des tons chauds, des aplats de couleur, car tel sera le don que mon sacrifice me permit d'acquérir. Même en hiver, je le métamorphoserai, le gris ...

Posté par eldorado à 05:03 - Neurones - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


17 novembre 2006

Vision plate

pont_chemin_fer

J'ai un problème. Mauvaise appréciation des constrastes. Au crépuscule, entre chien et loup, je n'y vois rien. J'évite d'ailleurs de conduire durant cette période. je me meux alors dans de grands aplats grisâtres d'où rien de saillant ne semble émerger. Dans ce monde, dans mon monde, du gris palichon au gris cuivré, j'attends que les pouvoirs publics mettent en place les panneaux signalétiques tout-temps, ce qui m'évitera par exemple de me prendre du 30000 volts ou de passer sous un train, tout ça par erreur et incapacité à y voir.

Posté par eldorado à 01:09 - Neurones - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 octobre 2006

Mystification

dans_voiture

Quand l'auto roule, je suis toujours derrière, je l'ai déjà dit. Et je regarde les items de paysage juxtaposés à grande vitesse sans possibilité de réellement pouvoir accommoder. Et je n'y crois pas. A ces défilés de plans sans fin. Comme un magnétoscope en accéléré.
On s'ennuie beaucoup en voiture, faut-il avouer. Et on peut bien se raconter des histoires. Des histoires dans lesquelles le véhicule est immobile et le décor mis en mouvement par une armée d'employés départementaux.

Alors évidement, peut-être, un jour, ouvrirais-je la portière et sortirais-je, ne me laissant pas abuser par le bruit pré-enregistré du moteur.

Un jour ...

Posté par eldorado à 08:08 - Neurones - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 septembre 2006

Dans le temps III

stores

Dans le temps, j'ai travaillé aussi. Si, si. J'y allais avec des bouts de ferraille dans les veines qui s'accrochaient partout. Ca aurait fait rire mes proches si je leur avais dit. Je n'admirais plus les gens dans les souterrains ; j'y étais. Je m'asseyais dans un bureau et essayais de me raccrocher au bruit ténu de la climatisation pour ne pas trop regretter d'être là. Mais peine perdue. Je n'étais pas seul. Je devais transpirer en public. Regarder le public en public. J'attendais le midi. Pour que le public parte. Moi je prétextais toujours des maux d'estomac. Et en été, je pouvais fermer les stores, tous les stores, y compris ceux qui donnaient dans le couloir, pour me fabriquer en douce ma petite obscurité à moi, tranquille, et je regardais la lumière que j'avais ainsi piégée.

Posté par eldorado à 01:39 - Neurones - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 septembre 2006

Dans le temps II

passage_gare_nord

Dans le temps, je sortais parfois de chez moi. Je détestais ça. J'avais toujours du sable dans les poumons. C'était pénible. J'avais chaud ou j'avais froid ; c'était selon. Mais ça n'allait jamais. J'aimais bien aller me réfugier dans les passages souterrains avec le vague sentiment qu'ils me protégeraient de quelque agression humaine ou non-humaine et que, de surcroît, je pourrais plus facilement me fondre dans le décor. Pourtant, il y en avait du monde, sous terre, mais cela ne m'inquiétait pas. J'étais invisible, indiscernable, perdu dans la matité grossière des parpaings. Et de loin, je les voyais, tous ces gens. Oh, ils ne me faisaient pas peur, comme je l'ai dit. Ils étaient si pressés, si avides de couloirs, si désireux d'aller où ils devaient aller, que je ne pouvais m'empêcher de les envier.

Posté par eldorado à 01:25 - Neurones - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 septembre 2006

Dans le temps I

nature_morte

Dans le temps, j'étais calme. Serein même. Le temps s'écoulait grain à grain entre mes doigts. Je pouvais passer des heures à ausculter les différentes nuances du silence. A regarder l'apathique progression du soleil dans le ciel. A touiller la poussière. J'approchais aussi mon oeil des pierres. Des pierres de la nature ou des pierres de l'homme. Je l'approchais jusqu'à ce que la stéréoscopie faille et que je sois obligé de fermer une paupière. Jusqu'à ce que les détails se noient dans le flou. Jusqu'à ce que je sois la pierre qui emplissait tout mon champ de vision, collé à ses félures, ses granularités, ses imperfections, dans un vaste univers asservi à un défaut de mise au point. Et je restais là des heures. Sans entendre le bruit du monde alentour, comme si ce spectacle trouble dans lequel je m'immergeais annihilait les autres sens.

Mais c'était dans le temps.

Posté par eldorado à 01:15 - Neurones - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 septembre 2006

Mystification

dans_voiture

Quand l'auto roule, je suis toujours derrière, je l'ai déjà dit. Et je regarde les items de paysage juxtaposés à grande vitesse sans possibilité de réellement pouvoir accommoder. Et je n'y crois pas. A ces défilés de plans sans fin. Comme un magnétoscope en accéléré.
On s'ennuie beaucoup en voiture, faut-il avouer. Et on peut bien se raconter des histoires. Des histoires dans lesquelles le véhicule est immobile et le décor mis en mouvement par une armée d'employés départementaux.

Alors évidement, peut-être, un jour, ouvrirais-je la portière et sortirais-je, ne me laissant pas abuser par le bruit pré-enregistré du moteur.

Un jour ...

Posté par eldorado à 08:59 - Neurones - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1