29 mars 2007
Un des déchets

D'accord avec Le Direktor. Laisser faire le hasard. Mais comme j'ai la flemme de fabriquer le moteur asservi à débattement limité, l'interface de contrôle et le générateur pseudo-aléatoire, je me contente d'avancer dans les rues, index à fond sur le déclencheur et mode rafale enclenché. Beaucoup de déchets, c'est vrai ; mais en numérique, quelle importance ?
23 mars 2007
Le chien roux

On raconte qu'un chien rouge parcourt la ville. Les gens exagèrent. Il n'est que roux, ce chien. Mais il est certain que personne ne semble le voir ; il tourne autour des passants, les renifle, voire les bouscule, mais nul ne semble s'en soucier. Seuls les malades peuvent l'apercevoir, du simple grippé au tuberculeux. Ce sont eux qui ont lancé la rumeur ; depuis les bien portants s'inquiètent de cet animal invisible et scrutent sans cesse alentour, ce qui donne un côté erratique à leurs démarches. Comme de bien entendu, les enfants s'en moquent et tracent comme si leur vie en dépendait.
18 février 2007
L'homme qui se penche

L'homme qui se penche n'attend pas la balle fatale dans la nuque. Il n'est pas proterné debant une quelconque idole. Il n'examine pas non plus le va et vient des insectes. Il ne somnole pas accablé par un discours soporifique. Il n'a pas honte, ne pleure pas. Il ne veut simplement pas voir le monde ou le moins souvent possible.
13 janvier 2007
Fenêtre à foot

De temps en temps, je file un petit coup de rouleau sur la fenêtre. Une bande parrallèle à celle qui existe déjà, celle qui est composée de la juxtaposition des coups de peinture antérieurs. Ca donne un air doré, juillétiste au décor, même en janvier. Je laisserai de toute façon le côté droit intact ; j'aime regarder les grands ados pousser le ballon du pied. Surtout quand il gèle dehors.
18 décembre 2006
Le marcheur

L'homme qui marche ne s'arrête jamais. Il ne peut pas. Il ne sait pas. Il a peur de mourir s'il cesse ses déambulations. A moins qu'il ne soit, selon la tradition, un des 12 qui par leur marche infinie empêchent le monde de sombrer dans le chaos. Et, chaque soir, il espère qu'au moment où la fatigue le couchera sur son lit, un marcheur nocturne, quelque part sur la planête prendra la relève.
29 novembre 2006
Le golem

Le golem en hiver se couvre bien, Maman golem, l'ayant sermonné, et s'habille de couleurs vives. Ce n'est pas sa saison, les gens l'ont plutôt en sympathie, à la bonne, lui paient même des grogs et jusqu'à ses yeux d'argile qui n'arrivent pas à effrayer le quidam ...
08 novembre 2006
Jupe-culotte

Madame, madame !
Mais arrêtez-vous donc !
Oui, vous ... Je vous l'ai dit mille fois. Mais si vous me connaissez ! Je suis derrière vous à chaque fois que vous prenez ce virage. Et je ne cesse de vous répéter que les jupes-culottes, c'est d'un laid ... mais d'un laid ! Ca vous fait des mollets de coureur cycliste. Mais oui, je me permets !
Depuis le temps que je suis là, derrière vous .... Pensez que j'en ai des droits !
Vous pouvez bien appeler la police ; je leur dirai ce que je viens de vous dire. Comptez sur moi !
06 octobre 2006
Celui ou celle

Celui ou celle qu'on ne voit jamais. Celui ou celle qui s'éclipse discrêtement en fin de soirée pour ne surtout pas déranger. Celui ou celle qui n'ose pas téléphoner pour se faire inviter. Celui ou celle qui ne dit jamais rien, qui se contente de sourire et répond par monosyllabes aux questions. Celui ou celle qu'aucune femme ou aucun homme ne regarde tant il ou elle s'est si bien entraîné(e) à se fondre dans le décor. Celui ou celle qui courbe d'emblée l'échîne. Celui ou celle dont seul son chat s'approche avec tendresse. Celui ou celle ... Non, vous ne les connaissez pas. Vous les voyez pas. Ou peut-être si. Avec moquerie. Mais souvent, bien souvent, trop souvent, vous n'avez même pas perçu leur présence.
Celui ou celle que je n'identifie que trop bien, que je perçois avec tant d'acuité, qui tordent toujours un peu mon coeur avec leur discretion de murmure, que je reconnais ; comme des frêres ou des soeurs ? Pas vraiment. Plutôt des âmes fréquentées de temps à autre ....
03 octobre 2006
Désir toujours

Là, c'est moi. Quand je serai moche. Quand je serai gras. Quand je me chausserai de sandalettes immondes. Là, je les porterai sans
chaussettes, non du fait d'un sursaut d'élégance, mais par simple
étourderie.
J'aurai aussi oublié le débardeur jaune en tricot avec ma chemise en dessous.
Je lèverai mon gros cul avec difficulté en poussant des ahanements de boeuf éteint.
Je sentirai les parfums "pour homme" achetés en bidon de 5 litres à Auchan.
En bref, je ne serai pas un cadeau.
Mais malgré tout, il y aura toujours des femmes pour me regarder, m'évaluer, voire me désirer porque no se puede vivir sin amar y, tampoco, no se puede vivir sin deseo.
04 septembre 2006
Le jour de Karl


Aujourd'hui, on pend Karl le zombie.
Un réalisateur est caché dans le décor. Sauras-tu le retrouver, ami lecteur ?