eldorado

On y arrivera un jour

10 avril 2007

L'exploratrice

fille_2portes

C'est selon les jours. Selon la densité de l'humeur vitreuse. Suivant mes envies de sombre.
Hier, c'était la silhouette en ombre chinoise.
Aujourd'hui, une très distingable jeune femme.
Mais toujours ces relents de ville dévastée, abandonnée, et ces mouvements d'explorateur apeuré.

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20 mars 2007

Pas de bras

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Non, la fille ! Pousse toi un peu ! Tu es trop dans le champ : on voit un de tes bras ; comment veux-tu que quelqu'un prenne pitié et t'offre ta barre de Toblerone ?

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14 mars 2007

Entre nous deux

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Je le verrais lorsqu'elle l'extraira de son sac. Je l'attends. Nous attendons tous les deux qu'il soit enfin là entre nous deux.

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06 février 2007

Mille et une nuits

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Pour vous, belle jeune femme, je suis allé repeindre le magasin abandonné depuis bientôt 5 ans. Pour que vous puissiez avoir votre palais des milles et une nuits à admirer sous la lune à la lueur d'une lampe-torche. Et vous montrer aussi ce que j'étais capable de faire pour vous statisfaire. Et que vous arretiez de me retourner sans cesse votre sourire ironique.

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14 décembre 2006

Te souviens-tu ?

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Te souviens-tu Nacha ? Tu étais venu par le transsibérien et moi plus banalement par l'avion. Rendez-vous au marché de Xizhimen, à 15 heures, devant le marchand de brioches. Pour pallier aux possibles incidents de transport, nous avions convenu que ce rendez-vous se reporterait, en cas d'impossibilité de l'un de nous deux, de jour en jour durant une semaine. C'était le lundi, je m'en souviens, la première itération.
Bien que je n'en avais pas le droit (suivant les termes de notre contrat), je ne pouvais m'empêcher de jeter de furtifs coup d'oeil alentour, espérant repérer l'autre blanc du coin. Et je ne vis rien.
Mais lorsque je fermai les yeux un bref instant, je sentis tes lèvres se poser en un souffle sur les miennes puis disparaître. C'était évidemment toi, et, malgré tes directives, je m'apprêtai à me lancer à ta poursuite quand un énorme mandchou, certainement à ta solde, m'a barré le chemin avec un sourire de mauvais aloi.
Prochain rendez-vous à Paris, alors ...

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21 novembre 2006

Les choses-vieillardes

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J'ai déjà dit et redit la tendresse que j'éprouve pour les objets, surtout lorsqu'ils sont blessés, mutilés, oubliés, à l'abandon. Leur tristesse semble palpable, leur modestie les honore. Il y a paradoxalement plus d'humanité dans une vielle boite de conserve aux couleurs délavées par le soleil que dans maints discours mensongers et appris ou même que chez tant de personnes qui ont laissé la dite humanité au vestiaire, paradant alors avec le nécessaire de  survie en milieu  urbain. 
Plus encore que les animaux, les objets orphelins ne trahissent jamais, restent à vos côtés avec leurs pauvres matières corrodées ou désagrégées par la pluie et surtout respectent votre silence.

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21 septembre 2006

Portage

portage

Dans la vie, il y a ceux qui font des trucs, par exemple, aider les mamans à descendre les escaliers dans le métro. Et il y a ceux qui sont témoins. Qui ne font rien.
Comme à la télé : ceux qui essaient de ranimer le blessé durant la guerre et ceux qui, caméra au poing, le cadrent bien serré en train de pisser son sang.

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11 juillet 2006

Les deux filles

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Je dors. Ou plutôt somnole. Assis sur un banc du métro, pourtant bien inconfortable. Malgré le bruit et la chaleur poisseuse qui colle ma chemise contre mon corps. Mes yeux s'ouvrent puis se ferment, en alternance, saisissant de curieuses scènes de la vie parisienne. Parisienne et souterraine. Comme ces deux filles, comme en dévotion, dans l'attente d'un messie à suspension pneumatique. Une en rose, coupe au carré, l'autre plus terne, mais avec une sorte de petit chignon. Je n'aime pas le sac de celle de droite. L'autre est plus jolie, j'en suis sûr. Je sais bien qu'elle est de dos. Mais son chignon dégage nécessairement sa nuque, toute piquetée alors de cheveux fins un peu rebelles.
Je referme les yeux, vaguement satisfait. Un bruit sourd qui va en s'amplifiant annonce la rame dans laquelle les deux filles vont monter. Et moi aussi, d'ailleurs. Secouons-nous un peu ...

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28 mai 2006

Lichens ?

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Prolifération de lichens en pleine ville ? Rebuts du marché aux fleurs ? Ou autre chose encore ?

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27 mai 2006

Cochons de guerre

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Les cochons de guerre sont élevés à l'extérieur de la ville, là ou personne ne peut aller fouiner et rapporter des informations sur ces maudites bestioles, aux crocs démesurés, à l'agressivité hystérique, à la perversité surnaturelle qui fait qu'on comprend pourquoi le Diable fut symbolisé par un verrat, avant de l'être par un bouc.

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