30 octobre 2006
Honte pour eux

J'ai toujours eu honte pour les autres. Enfin, pas forcemment honte. J'ai mal pour eux. Quand le mal-être va se révéler, je viens en eux, me saisis de leur douleur, la fais mienne, et je sens entre mes côtes quelque chose qui écrase mes poumons jusqu'à ce que je ne puisse plus respirer.
Comme ce spectacle où nous étions trois. Trois seulement dans une salle prévue pour 400. Les deux devant qui se jetaient des coups d'oeil pour se jauger, pour se décider l'un l'autre à s'enfuir. Et moi derrière rouge de honte à la pensée du type qui allait venir sur scène, planté devant son micro, qui allait compter aisemment les spectateurs. Qui allait se dire « 3 seulement, 3 sont venus pour me voir, moi, seulement 3 », mais comment allait-il faire pour exécuter quand même son one-man-show, et moi, j'avais mal et honte en même temps parce que je voulais partir, parce que je ne voulais pas assister à cela ...
24 octobre 2006
Interruption que c'est pas ma faute

Oui, je sais, ça fait longtemps que je n'ai pas posté.
Mais la carte SD de mon appareil photo est partie en sucette. Partie au paradis des SD-Roms.
Je viens d'en racheter une.
Alors patience ...
Ca va repartir ...
17 octobre 2006
Soyez Aventureux

Le cuir peut parfois nous parler.
Outre son odeur, dont les nuances sont comme autant de signes, il se laisse souvent marquer, comme le bétail dont il est issu.
Des acronymes. A vous de deviner ce dont ils sont les initiales.
Ici, un modèle pour timide, renfermé, étouffé ...
14 octobre 2006
Nox

Nox, c'est nuit en latin. Le panneau indique donc qu'au delà il fera nuit. Remarquons qu'il s'agit d'un panneau pirate, non homologué, il va sans dire. La nuit annoncée est donc une nuit faite maison, sans label ni contrôle de l'état, une nuit dont les consignes de sécurité n'ont pas été respectées, une nuit d'un noir d'encre ... Aucun citoyen sain d'esprit ne devrait s'aventurer en ces lieux ...
11 octobre 2006
L'enfant Jesus

Miracle. L'enfant Jesus a été retrouvé au 4ème sous-sol par un des détectives du FBI. Il semble en parfaite santé, et Dieu le Père a fait une déclaration, comme quoi, je cite les manoeuvres infâmes du procurateur de Judée ne sauraient empêcher l'OPA amicale lancée il y a de cela 25 siècles ...
09 octobre 2006
Mystification

Quand l'auto roule, je suis toujours derrière, je l'ai déjà dit. Et je
regarde les items de paysage juxtaposés à grande vitesse sans
possibilité de réellement pouvoir accommoder. Et je n'y crois pas. A
ces défilés de plans sans fin. Comme un magnétoscope en accéléré.
On s'ennuie beaucoup en voiture, faut-il avouer. Et on peut bien se
raconter des histoires. Des histoires dans lesquelles le véhicule est
immobile et le décor mis en mouvement par une armée d'employés
départementaux.
Alors évidement, peut-être, un jour, ouvrirais-je la portière et sortirais-je, ne me laissant pas abuser par le bruit pré-enregistré du moteur.
Un jour ...
06 octobre 2006
Celui ou celle

Celui ou celle qu'on ne voit jamais. Celui ou celle qui s'éclipse discrêtement en fin de soirée pour ne surtout pas déranger. Celui ou celle qui n'ose pas téléphoner pour se faire inviter. Celui ou celle qui ne dit jamais rien, qui se contente de sourire et répond par monosyllabes aux questions. Celui ou celle qu'aucune femme ou aucun homme ne regarde tant il ou elle s'est si bien entraîné(e) à se fondre dans le décor. Celui ou celle qui courbe d'emblée l'échîne. Celui ou celle dont seul son chat s'approche avec tendresse. Celui ou celle ... Non, vous ne les connaissez pas. Vous les voyez pas. Ou peut-être si. Avec moquerie. Mais souvent, bien souvent, trop souvent, vous n'avez même pas perçu leur présence.
Celui ou celle que je n'identifie que trop bien, que je perçois avec tant d'acuité, qui tordent toujours un peu mon coeur avec leur discretion de murmure, que je reconnais ; comme des frêres ou des soeurs ? Pas vraiment. Plutôt des âmes fréquentées de temps à autre ....
03 octobre 2006
Désir toujours

Là, c'est moi. Quand je serai moche. Quand je serai gras. Quand je me chausserai de sandalettes immondes. Là, je les porterai sans
chaussettes, non du fait d'un sursaut d'élégance, mais par simple
étourderie.
J'aurai aussi oublié le débardeur jaune en tricot avec ma chemise en dessous.
Je lèverai mon gros cul avec difficulté en poussant des ahanements de boeuf éteint.
Je sentirai les parfums "pour homme" achetés en bidon de 5 litres à Auchan.
En bref, je ne serai pas un cadeau.
Mais malgré tout, il y aura toujours des femmes pour me regarder, m'évaluer, voire me désirer porque no se puede vivir sin amar y, tampoco, no se puede vivir sin deseo.